Posté 02 September 2012 - 08H25
Je n’ai pas pu achever le travail»
Ce portrait revu et corrigé a fait le tour du monde. Mais, si l’on en croit l’intéressée que nous avons rencontrée cette semaine chez elle, accordant ainsi sa première interview à la presse française, les retouches n’étaient pas achevées. Le résultat final ne devait donc pas être celui qui a fait hurler de rire des dizaines de millions d’internautes. «J’avais commencé à refaire la tête. Eh, puis, des gens ont pris une photo qui s’est ensuite retrouvée dans la presse. Mais la restauration n’était pas finie. Je n’ai pas pu achever le travail, j’aimerais pouvoir le faire car ce n’est pas une oeuvre aboutie. Je n’ai pas envie qu’elle reste en l’état. Il faut aller jusqu’au bout de la restauration, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre qui s’en charge», nous révèle-t-elle depuis la terrasse de sa maison située juste en face de l’église où se trouve le Christ défiguré.
Dépassée par les évènements mais désormais soutenue par la population, elle a envie que la page se tourne enfin. «Je souhaite retrouver la paix, que tout ça se termine vite. Avec ma famille, on vient de passer de très mauvais moments. Non, je ne veux pas être célèbre!», répète-t-elle. Cette femme veuve très pieuse est encore très affectée par l’ampleur prise par ses coups de pinceau. «Je reçois plein de cartes du monde entier qui me félicitent, ça fait de la pub pour la ville. Mais moi, cela me coûte toujours et ça restera en moi», explique-t-elle, épuisée par cette notoriété soudaine. Voilà plus de 70 ans que cette fan de Goya, une figure de l’expressionnisme et un enfant du pays, sort de temps en temps sa palette. «Ce sont les soeurs qui, au collège, m’ont appris à dessiner. Je suis heureuse quand je peins, ça permet de m’évader», précise cette artiste du dimanche. Sa spécialité? «Les villages environnants, les maisons, les fenêtres. Et surtout les paysages. Je préfère les couleurs d’automne plutôt que celles du printemps», dévoile-t-elle.